Déclaration
de solidarité
Omar Khadr, citoyen canadien, est le seul ressortissant d'un pays
occidental encore détenu à Guantanamo Bay. Lui et
Mohammed Jawad, un autre prisonnier, seraient les premiers enfants
soldats à être poursuivis en raison de prétendus
« crimes de guerre ». Omar Khadr n'avait que 15 ans
lorsqu'il a été fait prisonnier par l'armée
américaine en Afghanistan puis transféré au
tristement célèbre centre de détention américain,
où il aura maintenant passé le quart de sa vie. Il
comparaîtra devant une commission militaire américaine.
Ces commissions militaires ne répondent pas du tout aux normes
internationales en matière de droits de la personne. Il est
donc impossible qu'Omar Khadr soit jugé de façon équitable
à Guantanamo.
Des documents rendus publics récemment ont permis d'en savoir
davantage sur les mauvais traitements infligés à Omar
Khadr à Guantanamo Bay. Rappelons que les États-Unis
ont été accusés d'y torturer et maltraiter
systématiquement les détenus. D'après les informations
obtenues, Omar Khadr a subi des formes extrêmes de privation
du sommeil, dont une torture appelée frequent flyer program
(« programme grand voyageur ») qui consiste à
réveiller le prisonnier toutes les trois heures et à
le transférer de cellule en cellule plusieurs fois par jour
pendant trois semaines. En outre, Omar Khadr a été
placé en isolement pendant de longues périodes.
Des documents de procédure révèlent que le
gouvernement canadien était au courant des mauvais traitements
infligés à Omar Khadr aux mains des autorités
américaines. Pourtant, notre gouvernement a continué
de nous assurer qu'Omar Khadr était bien traité et
que les États-Unis avaient donné des garanties fiables
en ce sens.
Nous, les soussignés, demandons instamment au premier ministre
Stephen Harper et au gouvernement du Canada :
• de protéger les droits de tous les citoyens canadiens
détenus à l'étranger, y compris Omar Khadr;
• de respecter le droit canadien et le droit international,
lesquels garantissent la présomption d'innocence, le traitement
équitable et la protection contre la torture et autres traitements
cruels;
• d'exiger le transfert d'Omar Khadr hors de Guantánamo
Bay et de négocier avec les autorités américaines
son rapatriement dans les plus brefs délais;
• si des preuves admissibles justifient une poursuite judiciaire,
de garantir qu'Omar Khadr soit jugé publiquement devant un
tribunal civil;
• de fournir les ressources nécessaires à la
réadaptation et à la réinsertion d'Omar Khadr
au sein de la société canadienne.